Un bourdon s’engouffre sous une lame de terrasse, une reine ronfle dans le tas de compost, des ouvrières croisent le chemin des enfants chaque matin : la cohabitation vire parfois à la tension. Pourtant, détruire un nid de bourdons reste une mauvaise idée, écologiquement et légalement. Voici comment comprendre leur comportement, identifier leur installation, les éloigner sans violence et, si nécessaire, déplacer leur nid sans déclencher de panique dans la colonie.
- Le bourdon est un pollinisateur essentiel, peu agressif : il ne pique que lorsqu’il se sent directement menacé.
- Un nid de bourdons est déserté naturellement dès l’automne ; patienter reste souvent la solution la plus simple.
- Certaines odeurs — citron, clous de girofle, huiles essentielles de menthe poivrée ou de géranium rosat — réduisent l’attractivité d’un site sans blesser les insectes.
- Calfeutrage des cavités, moustiquaires sur les aérations et gestion du compost sont les meilleurs outils préventifs.
- En cas de nid dans un endroit dangereux ou de risque allergique avéré, un professionnel formé à la gestion non létale reste la seule option sûre.
Table des matières
Bourdons : utiles, souvent inoffensifs, mais gênants au quotidien

Le bourdon appartient à la famille des apidés, au même titre que l’abeille domestique. Le genre Bombus regroupe plusieurs dizaines d’espèces en Europe, toutes caractérisées par un corps trapu, un duvet épais et un bourdonnement grave qui trahit leur vol bien avant qu’on les aperçoive. Ce vrombissement sourd, plus sonore que celui d’une abeille, est souvent le premier signe d’une colonie installée à proximité.
Leur rôle dans les écosystèmes cultivés est concret et documenté. Les bourdons pollinisent efficacement les tomates, les fraises et les aubergines grâce à une technique dite de pollinisation par vibration : en faisant vibrer leurs muscles thoraciques contre les anthères, ils libèrent le pollen que d’autres insectes ne peuvent extraire. Supprimer une colonie, c’est donc aussi priver un potager d’un service gratuit et irremplaçable.
Le niveau de risque réel mérite d’être cadré sans dramatisation. Seules les femelles piquent, car elles seules possèdent un dard. Contrairement à l’abeille, un bourdon peut piquer plusieurs fois sans perdre son dard, mais il ne le fait pas spontanément. Avant toute piqûre, une femelle émet généralement un bruit d’avertissement audible. La piqûre reste douloureuse mais sans danger pour la grande majorité des personnes ; elle ne devient sérieuse qu’en cas d’allergie aux venins d’hyménoptères, une situation qui concerne une minorité de la population et qui justifie alors une gestion plus rapide.
Quand la présence d’un nid de bourdons devient-elle vraiment problématique ? Trois situations se distinguent :
- Le nid est situé dans une zone de passage fréquent (entrée de maison, aire de jeux, allée de jardin) et les ouvrières croisent régulièrement des personnes.
- Un membre du foyer présente une allergie documentée aux piqûres d’insectes.
- La colonie s’est installée à l’intérieur du bâti (combles, mur creux, abri de jardin fermé) et son accès est impossible à sécuriser simplement.
En dehors de ces cas, la cohabitation à distance reste la réponse la plus raisonnée. Comprendre ce qui attire les bourdons chez vous est le premier pas vers une gestion sereine.
Identifier un bourdon et repérer ce qui l’attire chez vous

Distinguer un bourdon d’une abeille ou d’une guêpe évite bien des erreurs de diagnostic — et donc des interventions inutiles ou contre-productives. Les différences sont visibles à l’œil nu.
| Critère | Bourdon (Bombus) | Abeille domestique | Guêpe commune |
|---|---|---|---|
| Taille | 15 à 30 mm (reine jusqu’à 40 mm) | 11 à 13 mm | 10 à 15 mm |
| Pilosité | Duvet épais, corps trapu | Légèrement velue | Glabre, lisse |
| Coloration | Bandes jaunes/noires, parfois roux ou blanc | Brun-doré, bandes fines | Jaune vif et noir, très contrasté |
| Vol | Lent, bruyant, vrombissement grave | Modéré, bourdonnement aigu | Rapide, silencieux |
| Comportement | Peu agressif, préoccupé par les fleurs | Peu agressif sauf défense | Opportuniste, attirée par la nourriture |
Un bourdon mesure en moyenne environ 22 mm, soit pratiquement le double d’une abeille. Son corps noir peut présenter une extrémité blanche, une bande jaune sur le thorax et une autre sur le haut de l’abdomen selon les espèces. Ces repères suffisent dans la majorité des cas pour éviter de confondre les trois insectes.
Ce qui attire les bourdons vers un jardin ou une maison tient à quelques facteurs simples. Les sources de nectar et de pollen constituent l’attraction principale : un jardin fleuri toute la saison, un potager en fleur, une haie de lavande ou de géranium rosat sont autant d’invitations. L’eau stagnante dans une soucoupe ou un arrosoir retourné attire également les butineuses par temps chaud.
Les cavités disponibles jouent un rôle déterminant dans le choix du site de nidification. Chaque printemps, la reine sort d’hibernation et prospecte activement : elle cherche une cavité sombre, abritée, légèrement isolée. Les emplacements les plus fréquents sont :
- Les anciens terriers de rongeurs et les cavités du sol.
- Les tas de compost, de feuilles mortes ou de bois.
- Les fissures dans les murs, les cheminées et les soubassements.
- Les combles, les espaces sous les toitures et derrière les volets.
- Les planchers de terrasse en bois avec des espaces entre les lames.
- Les abris de jardin peu hermétiques.
Repérer un début d’installation est plus facile qu’on ne le croit. Observer un bourdon s’engouffrer régulièrement dans un même point — une fissure, un trou dans le sol, une jonction de planches — est le signe le plus fiable. L’entrée du nid fait généralement environ un centimètre de diamètre. Un trafic régulier d’ouvrières chargées de pollen, les pattes arrière bombées de couleur vive, confirme que la colonie est active.
Une fois l’identification faite et l’emplacement repéré, la question devient : quels leviers permettent de les faire partir sans violence ?
Ce qui fait fuir les bourdons : principes qui marchent vraiment
Faire fuir des bourdons ne passe pas par la brutalité mais par la suppression progressive de ce qui les retient. Trois leviers principaux existent : l’attractivité du site, l’accessibilité du nid et la tranquillité de l’environnement.
Supprimer l’attractivité signifie d’abord réduire les sources de nourriture à proximité immédiate des zones à protéger. Ramasser les fruits tombés, couvrir le compost, rentrer les restes de repas consommés en terrasse. Ce n’est pas tant que les bourdons sont attirés par la nourriture humaine — contrairement aux guêpes — mais que la densité florale proche d’une entrée de maison ou d’un espace de jeux maintient un flux constant de passages.
Les vibrations et le bruit perturbent les bourdons. Une colonie installée sous une terrasse en bois dont on se sert quotidiennement finit parfois par chercher un site plus calme, sans aucune intervention. À l’inverse, éviter de taper ou de marcher lourdement près d’un nid que l’on cherche à gérer pacifiquement reste indispensable : les vibrations brusques déclenchent une réaction défensive immédiate des ouvrières.
La lumière est un levier souvent sous-estimé. Les bourdons choisissent des cavités sombres. Exposer l’entrée d’un nid à la lumière directe — en retirant un panneau de bois qui l’ombrageait, par exemple — crée une gêne réelle pour la colonie. Cette méthode ne suffit pas seule, mais combinée à d’autres, elle accélère le départ volontaire.
Ce qu’il faut absolument éviter :
- L’eau bouillante ou les insecticides : létaux et inutiles dans une logique de cohabitation.
- Boucher l’entrée du nid brutalement en pleine journée : les ouvrières présentes à l’extérieur ne peuvent plus rentrer, s’affolent et deviennent agressives.
- Frapper ou secouer le support qui abrite le nid : les vibrations brusques sont le déclencheur de piqûres le plus fréquent.
- Utiliser de la fumée de manière non contrôlée : si la fumée calme temporairement les abeilles domestiques dans un cadre apicole précis, son usage improvvisé sur un nid de bourdons peut provoquer une sortie en masse des ouvrières.
Les fausses bonnes idées circulent beaucoup sur ce sujet. L’aspiration des bourdons avec un aspirateur, parfois recommandée pour les individus isolés à l’intérieur, ne résout rien pour un nid entier. Couvrir l’entrée avec un chiffon imbibé d’essence ou d’ammoniaque est dangereux pour l’opérateur et pour les insectes. La règle de base reste simple : moins on perturbe, mieux on gère.
Les odeurs constituent un outil à part entière dans cette stratégie d’éloignement, à condition de les utiliser correctement.
Odeurs et répulsifs naturels : ce que les bourdons évitent, et comment les utiliser
Les bourdons, comme la plupart des hyménoptères, possèdent un système olfactif très développé. Certaines molécules aromatiques perturbent leur navigation et les incitent à éviter une zone. L’enjeu est de les utiliser de façon ciblée, sans nuire à l’environnement ni aux personnes présentes.
Le citron associé aux clous de girofle est l’une des associations les plus citées. Le principe est simple : couper un citron en deux, piquer chaque moitié d’une dizaine de clous de girofle, puis disposer ces demi-citrons près de l’entrée du nid ou des zones à protéger. L’eugénol contenu dans les clous de girofle est une molécule à l’odeur puissante que de nombreux insectes évitent. L’efficacité est réelle mais temporaire : compter deux à quatre jours avant que le citron ne se dessèche et perde son pouvoir. Il faut renouveler le dispositif régulièrement.
Les huiles essentielles offrent des options plus durables si elles sont correctement diluées et appliquées. Quatre sont particulièrement documentées dans ce contexte :
- Menthe poivrée : l’odeur fraîche et pénétrante du menthol perturbe les récepteurs olfactifs des bourdons. Diluer 20 gouttes dans 200 ml d’eau et vaporiser sur les abords de l’entrée du nid, sur les lames de terrasse ou les encadrements de fenêtre.
- Géranium rosat : son parfum fleuri mais puissant est réputé répulsif. Efficace vaporisé sur les textiles de jardin (coussins de salon extérieur, nappe) pour éloigner les passages.
- Lavande : paradoxalement, si la plante attire les pollinisateurs, l’huile essentielle concentrée de lavande agit différemment. Appliquée pure sur un coton placé près de l’entrée d’une cavité, elle peut décourager l’installation d’une reine en début de saison.
- Clous de girofle (huile essentielle) : plus concentrée que les clous entiers, à diluer impérativement (5 gouttes pour 100 ml d’eau) avant vaporisation.
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Les précautions d’usage sont non négociables. Les huiles essentielles, notamment la menthe poivrée et le clou de girofle, sont contre-indiquées chez les enfants de moins de six ans, les femmes enceintes et les personnes asthmatiques. Ne jamais les appliquer directement sur la peau sans dilution. À l’extérieur, éviter les vaporisations par grand vent qui dispersent les molécules vers les zones fleuries et peuvent affecter d’autres pollinisateurs.
La durée d’efficacité est le point faible de ces répulsifs naturels. Aucun ne dure plus de quelques jours en extérieur, surtout sous la pluie ou la chaleur. Ils fonctionnent mieux comme mesure préventive — appliqués avant que la reine ne choisisse un site au printemps — que comme solution curative sur une colonie déjà installée. Pour un nid actif, ils ne suffisent pas seuls et doivent s’inscrire dans une stratégie plus globale, à commencer par la prévention physique.
Empêcher l’installation : calfeutrage, moustiquaires et aménagement du jardin
La prévention physique reste la méthode la plus efficace et la plus durable. Elle s’organise en deux temps : sécuriser le bâti et aménager l’espace extérieur pour canaliser la présence des bourdons loin des zones sensibles.
Sécuriser le bâti suppose d’inspecter méthodiquement les points d’entrée potentiels. Une reine de bourdon peut s’introduire par une ouverture d’environ un centimètre. Les zones à vérifier et traiter :
- Calfeutrage des fissures dans les murs, les soubassements, les encadrements de fenêtre et les joints de cheminée. Utiliser un mastic silicone ou de la mousse expansive pour les fissures profondes.
- Moustiquaires sur les aérations : les grilles d’aération de vide sanitaire, de combles et de caves sont des points d’entrée classiques. Une moustiquaire à maille fine (inférieure à 6 mm) posée derrière la grille existante suffit à les bloquer sans réduire l’aération.
- Joints de portes et fenêtres : vérifier l’état des joints caoutchouc, remplacer ceux qui sont écrasés ou fissurés.
- Planchers de terrasse : combler les espaces entre les lames avec du sable stabilisé ou poser une toile géotextile sous la structure lors d’une réfection.
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Gérer l’espace extérieur est tout aussi important. Le tas de compost est l’un des sites de nidification préférés des reines au printemps. Couvrir le bac à compost avec un couvercle hermétique ou une bâche maintenue par des pierres réduit considérablement son attractivité. De même, les tas de bois de chauffage, de feuilles mortes et les andains de tonte constituent des abris potentiels : les ranger contre un mur ou sous un abri fermé limite les opportunités.
L’abri de jardin mérite une attention particulière. Ses fissures, ses aérations non protégées et ses espaces sous la toiture sont des cibles fréquentes. Un tour de l’abri chaque début de printemps, avec bouchage systématique des ouvertures inutiles et pose de moustiquaire sur les prises d’air, suffit généralement à le rendre non attractif.
Pour organiser les zones fleuries intelligemment, l’idée n’est pas de supprimer les plantes mellifères mais de les concentrer loin des passages obligés. Un massif de lavande, de bourrache ou de sauge planté en fond de jardin plutôt qu’en bordure de terrasse attire les bourdons là où leur présence ne pose aucun problème. Cette logique de zonage permet de profiter de leurs services de pollinisation sans les croiser au quotidien.
Ces mesures préventives sont efficaces avant l’installation. Lorsqu’un nid est déjà en place, une autre approche s’impose.
Déloger un nid de bourdons sans leur nuire : méthode prudente selon la situation
Avant toute intervention, une règle de bon sens s’impose : évaluer si l’intervention est vraiment nécessaire. Si le nid est situé dans un coin reculé du jardin, loin de toute zone de passage, le laisser en place pour la saison reste la solution la plus simple et la moins risquée. Les bourdons désertent leur nid dès l’automne ; les ouvrières meurent, les nouvelles reines fécondées partent hiverner ailleurs, et le nid n’est jamais réutilisé la saison suivante.
Si l’attente est possible mais que la zone doit être signalée, quelques gestes suffisent :
- Planter un petit drapeau ou un piquet coloré à proximité pour alerter les personnes qui ne connaissent pas l’emplacement.
- Poser une clôture provisoire (grillage léger, barrière de chantier) à un mètre du nid pour en interdire l’approche involontaire.
- Informer les enfants et les visiteurs de l’emplacement et du comportement à adopter (pas de gestes brusques, pas de bruit).
Quand intervenir activement ? Lorsque le nid est dans une zone réellement dangereuse : sous une marche d’escalier extérieur, dans un mur de clôture que les enfants longent chaque jour, ou à l’intérieur du bâti. Dans ces cas, deux approches non létales existent selon la configuration.
Pour un nid dans le sol, la méthode d’inondation progressive est documentée. Il s’agit d’arroser abondamment le sol autour de l’entrée du nid plusieurs jours de suite, sans jamais diriger l’eau directement dans l’orifice. L’humidité persistante rend le site inhospitalier et incite la colonie à se déplacer. Ce protocole doit être répété sur plusieurs jours consécutifs pour être efficace.
Pour bloquer ou rediriger l’accès à un nid dans le sol ou sous un support, une méthode consiste à placer un pot de fleurs renversé (sans trou au fond), un gros galet ou un cageot retourné sur l’entrée du nid, de nuit, lorsque toutes les ouvrières sont rentrées. Les bourdons, ne pouvant plus utiliser leur entrée habituelle, cherchent une autre issue. Cette approche fonctionne mieux sur des nids de petite taille en début de saison. Il est conseillé de surveiller pendant quelques jours car la colonie peut trouver une voie alternative et réouvrir une entrée à proximité.
Pour un nid dans du bois (abri de jardin, plancher de terrasse), la surveillance pendant quelques jours après toute modification du support (retrait d’une planche, calfeutrage partiel) est indispensable : les bourdons peuvent trouver une autre voie d’accès et s’installer dans une cavité adjacente.
Pour déposer un nid d’oiseaux dans lequel des bourdons se sont installés, l’intervention doit se faire de nuit, quand les insectes ne volent pas. Les précautions vestimentaires sont alors indispensables : chemise à manches longues, pantalon rentré dans les chaussettes, gants épais. Déposer le nid lentement, sans à-coups, à l’écart de la zone habitée.
Quand faire appel à un professionnel ? Plusieurs situations le justifient clairement :
- Le nid est volumineux (colonie de plusieurs centaines d’ouvrières) et situé dans un espace confiné.
- L’accès nécessite de démonter une partie du bâti.
- Un membre du foyer est allergique aux piqûres d’hyménoptères.
- Toutes les tentatives non létales ont échoué après deux semaines.
Un professionnel formé à la gestion non létale peut déplacer la colonie vivante vers un site adapté. Attention : la désinsectisation chimique d’un nid de bourdons, bien que légale dans certains cas, doit rester un dernier recours absolu, réservé aux situations de danger immédiat avéré. La sécurité des personnes présentes, notamment en cas d’allergie, conditionne toutes les décisions.
Sécurité et cas sensibles : enfants, animaux, allergies et bourdons dans la maison
La gestion d’un nid de bourdons change de nature dès qu’une personne vulnérable est impliquée. Les règles de sécurité de base s’appliquent à tous, mais certaines situations exigent une réponse immédiate et sans compromis.
Gestes à éviter absolument à proximité d’un nid actif :
- Agiter les bras ou tenter d’écraser un bourdon en vol près du nid : cela déclenche une réponse collective des ouvrières.
- Utiliser une tondeuse ou un taille-haie sans avoir vérifié l’absence de nid au sol : les vibrations mécaniques provoquent une sortie défensive immédiate.
- Laisser des enfants jouer à moins de deux mètres d’une entrée de nid connue sans surveillance.
- Porter des parfums forts ou des vêtements de couleur vive (jaune, orange) lors d’une intervention, ces stimuli visuels et olfactifs pouvant attirer l’attention des ouvrières.
Conduite à tenir en cas de piqûre : retirer le dard s’il est présent (ce qui est rare avec un bourdon, contrairement à l’abeille), nettoyer la zone avec de l’eau et du savon, appliquer du froid. Surveiller l’apparition de signes d’allergie dans les trente minutes suivant la piqûre : gonflement rapide dépassant la zone piquée, urticaire généralisé, difficultés respiratoires, malaise. En cas de doute, appeler le 15 immédiatement. Une personne ayant déjà présenté une réaction allergique à une piqûre doit porter un auto-injecteur d’adrénaline et ne jamais intervenir seule sur un nid.
Les animaux domestiques sont également concernés. Les chiens et les chats, curieux par nature, peuvent provoquer une piqûre en tentant d’attraper un bourdon. Une piqûre dans la gueule ou sur le museau peut provoquer un œdème nécessitant une consultation vétérinaire rapide. Tenir les animaux à l’écart des zones où un nid est actif est une précaution élémentaire.
Un bourdon isolé à l’intérieur de la maison ne signifie pas qu’un nid est installé dans le bâti : il peut simplement s’être introduit par une fenêtre ouverte. La conduite à tenir est simple : ouvrir en grand la fenêtre la plus proche, éteindre les lumières intérieures (le bourdon se dirige vers la lumière naturelle) et attendre. Ne pas tenter de le saisir à mains nues. Si le bourdon semble épuisé (vol lent, chute au sol), une cuillère de sirop de sucre posée près de lui lui permet de reprendre des forces avant de repartir.
Si des bourdons entrent régulièrement dans la maison, l’enquête s’impose : vérifier les joints de fenêtres, les grilles d’aération et les passages de câbles. Une entrée non identifiée dans le bâti peut signaler un nid dans les combles ou un mur creux, situation qui justifie l’intervention d’un professionnel.
La désinsectisation chimique ne doit jamais être la première réponse. Elle reste réservée aux cas où le risque pour les occupants est immédiat et documenté — allergie sévère, nid inaccessible dans un espace fréquenté, échec de toutes les méthodes non létales. Dans tous les autres cas, les méthodes décrites dans cet article permettent de gérer la situation sans mettre fin à une colonie dont le rôle dans l’écosystème local est irremplaçable.
FAQ
Qu’est-ce qui fait fuir les bourdons ?
Les bourdons fuient les zones qui ont perdu leur attractivité : suppression des sources de nourriture à proximité, exposition à la lumière d’une cavité auparavant sombre, vibrations régulières du support qui abrite le nid, et présence d’odeurs répulsives comme la menthe poivrée ou le clou de girofle. Aucun de ces leviers n’est instantané ; leur efficacité se construit sur plusieurs jours d’application régulière.
Quelles sont les odeurs que les bourdons détestent ?
Les bourdons évitent l’odeur de citron associée aux clous de girofle, ainsi que les huiles essentielles de menthe poivrée, de géranium rosat, de lavande concentrée et de clou de girofle. Ces répulsifs naturels agissent en perturbant leur système olfactif. Leur efficacité est réelle mais limitée dans le temps : deux à quatre jours en extérieur, à renouveler régulièrement.
Comment déloger des bourdons ?
Pour un nid dans le sol, inonder progressivement les abords sur plusieurs jours consécutifs rend le site inhospitalier. Pour bloquer un accès, placer de nuit un galet ou un pot renversé sur l’entrée incite la colonie à chercher une autre issue. Pour un nid dans du bois ou dans le bâti, faire appel à un professionnel formé au déplacement non létal est la solution la plus sûre. Intervenir toujours de nuit, en tenue protectrice, et sans gestes brusques.
Comment puis-je me débarrasser des bourdons ?
Si le nid est loin des zones de passage, la solution la plus simple est d’attendre : la colonie déserte le nid à l’automne et ne le réutilise jamais. Si l’emplacement est problématique, combiner prévention physique (calfeutrage, moustiquaires), répulsifs naturels et méthodes de redirection d’accès permet d’éloigner la colonie sans la détruire. En cas de risque allergique ou de nid dans le bâti, contacter un professionnel reste la seule option réellement sûre.
Les bourdons ne cherchent pas la confrontation. Leur présence dans un jardin est presque toujours un signe de bonne santé écologique. Avec les bons réflexes — diagnostic précis, prévention physique au printemps, répulsifs naturels bien utilisés et patience en fin de saison —, la cohabitation reste possible dans la grande majorité des situations, sans nuire à des insectes dont nos potagers ont besoin.




